Fabrication

Mon travail de luthier fabricant s’inscrit dans un cadre de tradition. Je considère que la tradition est vouée à une évolution permanente. Le but est de conserver tout ce qui a été fait durant les siècles précédents et d’essayer d’apporter sa propre pierre à l’édifice.
Une des révélations dans ma carrière de luthier fut la découverte des travaux de François Denis concernant le tracé du contour du violon. Après de sérieuses recherches historiques, il est parvenu à proposer une approche cohérente du dessin des instruments du quatuor.
Dans son Traité de Lutherie, seuls le violon, l’alto et le violoncelle sont abordés. J’ai donc travaillé à m’approprier sa méthode afin de tracer mes modèles de contrebasse.  Je suis convaincu que dessiner, avec les outils géométriques adéquats, en s’inspirant des méthodes éprouvées par les bâtisseurs de cathédrales et les artisans-luthiers de la Renaissance, apporte le chainon manquant dont la lutherie contemporaine avait besoin. Il apporte aussi une cohérence et une continuité totale dans le processus de fabrication : de la feuille de papier jusqu’au musicien en passant par le matériau brut : le bois.

Mon travail se caractérise par une approche sculpturale, les marques de l’outil coupant sont laissées visibles comme témoignage du passage de la main humaine, la lumière s’y accroche et crée des textures que l’on ne pourra jamais obtenir avec un processus industriel.
J’adapte mes épaisseurs et l’architecture de mes instruments afin que le bois méticuleusement choisi révèle tout son potentiel et délivre une sonorité puissante et pleine.
Je recouvre mes contrebasses avec un vernis que je fabrique, encore à partir des matériaux bruts : l’huile de lin et la colophane, le procédé et l’ajout de divers composés font que la quête du vernis parfait est infinie.
Afin de satisfaire chaque musicien, je suis à l’écoute de toute demande, qu’elle soit d’ordre esthétique, sonore ou ergonomique. Rien n’est impossible pour la contrebasse de vos rêves !