J’ai grandi dans un milieu rural, au cœur du Massif central, dans un environnement où la nature prend une grande place. Lorsque j’étais enfant, les jeux d’extérieur occupaient la plus grande partie de mon temps. Je construisais, fabriquais cabanes, arcs et flèches. Canif en poche, je partais à l’aventure au fond de la forêt… Entre deux excursions, mon père, menuisier amateur, m’apprenait à reconnaitre les essences de bois et à me servir des outils de base. Quand je n’étais pas dehors à inventer un monde fait de morceaux de bois, je prenais des cours de musique. Laborieusement dans un premier temps puis passionnément plus tard.
Le déclic de la lutherie s’est amorcé lors d’une intervention scolaire d’un homme qui fabriquait devant nos yeux ébahis, toutes sortes de sifflets et instruments de musique à partir de pousses de tilleul ou de frêne, celles qui ont l’écorce épaisse que l’on décolle facilement au printemps, lorsque la sève monte. Puis, plus tard, mon prof de solfège, pour fêter la fin d’année scolaire, nous proposa une activité : fabriquer un instrument monocorde à partir d’une bouteille et de fil de pêche. J’étais conquis. Je comprenais que l’on pouvait fabriquer le son.


À 12 ans, j’appris que fabriquer des instruments de musique était un métier. A partir de cette prise de conscience je n’eus qu’un seul but : devenir luthier.
‘’Passe ton bac d’abord’’, dit on. Je tentais la filière générale, mais très vite, je réussis à convaincre mes parents que la lutherie était la seule voie que je pouvais envisager. Au début des années 2000, l’école de lutherie de Mirecourt fermait la section CAP, il fallait donc avoir un diplôme niveau bac pour y rentrer. Je suivrai alors une formation en ébénisterie, marqueterie et sculpture pour obtenir un diplôme équivalent bac et pouvoir rentrer dans la prestigieuse école. Sortant de Mirecourt, ma vocation se réalisait, je plongeais dans le grand bain de la lutherie, à temps plein. Je travaillai pendant quelques années au sein de l’atelier de Mathieu Millet, luthier spécialisé en contrebasse. c’est là que le coup de foudre avec cet instrument s’est produit.
Aujourd’hui, depuis 15 ans, j’ai mon propre atelier dans lequel je fabrique des contrebasses essentiellement. Je propose aussi des services de restauration et d’entretien, tous instruments confondus. Mon atelier se situe en milieu rural, entouré par la forêt de haute Corrèze, sur la commune de Davignac, avec une vue dégagée sur les montagnes du Sancy, un lieu propice à la création de contrebasses d’exception.
